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À Strasbourg, les missions locales fragilisées par l’arrêt des aides régionales

Élise Renaud-Villiers 2 min de lecture
À Strasbourg, les missions locales fragilisées par l’arrêt des aides régionales

La région Grand Est a décidé en octobre de supprimer ses financements aux missions locales, après une baisse de 43 % de ses subventions en 2025. Ces aides représentaient 10 % du budget de fonctionnement des structures, rapporte rue89strasbourg.com ce lundi 26 octobre. À Strasbourg, les salariés alertent sur un accompagnement déjà fragilisé par la baisse des moyens.

En Alsace, dix missions locales accompagnent chaque année plus de 22 000 jeunes de 16 à 25 ans. Elles les aident à trouver une formation, un emploi ou à s’insérer socialement. Les restrictions budgétaires touchent donc des structures auxquelles s’adressent notamment les jeunes les plus précaires.

À Strasbourg, jusqu’à 200 jeunes par conseiller

Jamila Boutoubat, conseillère à la mission locale de Strasbourg et élue au CSE, indique que ses collègues et elle sont chacun responsables de 150 à 200 jeunes. Une charge qui ne permet plus, selon elle, d’assurer un véritable suivi de tous les jeunes concernés.

Elle constate aussi une raréfaction des formations et des offres d’emploi. Les formations de langues de trois mois destinées aux réfugiés, notamment, sont devenues moins nombreuses. Les places peuvent être prises dans la journée d’ouverture des inscriptions. Pour la conseillère, ce manque de formations freine directement l’accès à l’emploi.

Des effectifs et des lieux d’accueil menacés

Dans le Grand Est, 71 postes ont été supprimés en 2025, principalement par des départs non remplacés. Rémi Dauphin, directeur de l’association des missions locales du Grand Est, signale désormais le début de licenciements économiques.

À Mulhouse, la mission locale est passée de 71 salariés fin 2024 à 54 fin 2025. Le nombre d’ateliers mensuels a chuté de 250 à une soixantaine en deux ans, tandis que les délais de rendez-vous se sont allongés. Les salariés s’inquiètent particulièrement pour les jeunes en grand décrochage scolaire, à la rue ou sortant de détention, qui ont besoin de contacts fréquents.

Les structures cherchent à réduire le temps consacré aux tâches administratives pour préserver l’accueil. Mais des permanences ont déjà fermé. Rémi Dauphin craint que les jeunes des zones rurales, éloignés des principales antennes, soient les premiers touchés par de nouvelles fermetures.

Source : rue89strasbourg.com

Élise Renaud-Villiers

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