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À Strasbourg, onze arrêtés autour des lycées contestés devant le tribunal

Élise Renaud-Villiers 2 min de lecture
À Strasbourg, onze arrêtés autour des lycées contestés devant le tribunal

Le tribunal administratif de Strasbourg doit rendre jeudi 5 novembre ses décisions sur les recours contre onze arrêtés préfectoraux limitant les manifestations près de lycées de l’Eurométropole. Il les a examinés mercredi 4 novembre, à la veille d’une journée d’appels nationaux aux blocages et à manifester.

Pris le 30 octobre, les arrêtés interdisent les manifestations revendicatives non déclarées dans un rayon de 50 mètres autour des établissements concernés. Chaque participant risque une amende de 135 euros. Selon la préfecture, treize personnes ont été verbalisées mardi 3 novembre près des lycées Marc-Bloch et des Pontonniers.

La section strasbourgeoise du Syndicat des avocats de France, la Ligue des droits humains (LDH) et Alternative étudiante Strasbourg ont saisi le tribunal en urgence. Ils jugent les restrictions insuffisamment justifiées et disproportionnées. La CGT départementale n’a pas pu se joindre au recours en raison d’une panne informatique.

« On assiste à un glissement dangereux », estime François Duchamps, membre de la LDH. La préfecture défend des mesures prises avec le rectorat pour maintenir l’ordre public. Son directeur de cabinet, Cyril Roule, a rappelé les atteintes aux biens et aux personnes près des établissements visés. Cinq personnes ont été blessées par des lancers d’artifices au lycée Couffignal lundi 2 novembre.

Le 5 octobre, le tribunal avait déjà suspendu un arrêté concernant quinze lycées, dont il jugeait le périmètre trop imprécis. Les nouvelles mesures visent Couffignal, Pasteur, Rudloff, Pontonniers, Fustel-de-Coulanges, Marie-Curie, Jean-Rostand, Jean-Monnet, René-Cassin, Kléber et Marc-Bloch, à Bischheim.

Le parcours de la manifestation du 5 novembre fait aussi l’objet d’un recours en référé de l’intersyndicale, déposé le 3 novembre. Les syndicats proposaient une boucle depuis la place de la République par l’hypercentre. La préfecture a refusé ce tracé, invoquant les impératifs du réseau de la CTS et la crainte de dégradations de commerces. Elle proposait de rejoindre la place de la Bourse par le boulevard de la Victoire et l’Esplanade, ce que l’intersyndicale a refusé.

Le cortège partira à 14 heures de la place de la République, seul élément fixé à ce stade. Pour cette manifestation, le préfet rappelle notamment l’interdiction à Strasbourg des armes, des artifices, du carburant transporté en récipients et de certains équipements de protection destinés à faire échec aux moyens des forces de l’ordre.

Élise Renaud-Villiers

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